15/04/2005

LE CHAR DE LA MORT

C'était un soir, en juin, dans le temps qu'on laisse les chevaux dehors toute la nuit.
Un jeune homme de Trézélan était allé conduire les siens aux prés. Comme il s'en revenait en sifflant, dans la claire nuit, car il y avait grande lune, il entendit venir à l'encontre de lui, par le chemin, une charrette dont l'essieu mal graissé faisait: Wik ! wik !


Il ne douta pas que ce fût karriguel ann Ankou (la charrette de la mort).
- A la bonne heure, se dit-il, je vais donc voir enfin de mes propres yeux cette charrette dont on parle tant !
Et il escalada le fossé où il se cacha dans une touffe de noisetiers. De là, il pouvait voir sans être vu. La charrette approchait.
Elle était traînée par trois chevaux blancs attelés en flèche. Deux hommes l'accompagnaient, tous deux vêtus de noir et coiffés de feutres aux larges bords. L'un d'eux conduisait par la bride le cheval de tête, l'autre se tenait debout l'avant du char.
Comme le char arrivait en face de la touffe de noisetiers où se dissimulait le jeune homme, l'essieu ut un craquement sec.
- Arrête ! dit l'homme de la voiture à celui qui menait les chevaux.
Celui-ci cria: Ho ! et tout l'équipage fit halte.
- La cheville de l'essieu vient de casser, reprit l'Ankou. Va couper de quoi en faire une neuve à la touffe de noisetier que voici.
- Je suis perdu ! pensa le jeune homme qui déplorait bien fort en ce moment son indiscrète curiosité.
Il n'en fut cependant pas puni sur-le-champ. Le charretier coupa une branche, la tailla, l'introduisit dans l'essieu, et, cela fait, les chevaux se remirent en marche.
le jeune homme put rentrer chez lui sain et sauf, mais, vers le matin, une fièvre inconnue le prit, et le jour suivant, on l'enterrait.

08/04/2005

Le violon Merveilleux

Je vais vous conter une legende normande :

Un jeune homme nommé Jean s'engagea un jour dans une ferme pour soigner les animaux. Au bout de trois ans, il résolut de s'en aller. A cet effet, il demanda à son maître de lui payer ce qu'il avait gagné. Celui-ci prit dans sa bourse... trois liards et les donna à Jean, qui s'en alla tout joyeux.

Aprés avoir marché trois jours, il arriva à un carrefour où se tenait assis un viellard sale, en haillon qui lui dit :

-Faites-moi une petite charité pour l'amour de Dieu!
-J'ai justement trois liards, je vais vous les donner. En trois ans j'en pourrais gagner autant. Prenez-les.
-Pour récompenser votre bon caractère, je vous donne 3 souhaits à faire. Choisissez.
-En ce cas je demande un fusil qui ne manque jamais son but, un violon qui oblige à danser, et la parole franche, c'est à dire qu'on ne me refuse jamais rien.

Le pauvre homme réalisa les souhaits de Jean, qui continua son chemin moitié dansant et moitié courant. Il arriva ainsi dans un bois où il s'arrêta pour se reposer. Jean entendit alors une voix qui disait :

- Ah! que ne donnerais-je pas pour avoir ce beau rossignol qui chante sur cet arbre!

C'était le fermier qui avait donné 3 liards au jeune homme. Celui-ci prit son fusil et tua le rossignol, qui tomba dans un buisson de ronces. L'avare se baissa et entra dans le fourré épineux où se trouvait l'oiseau. Prenant alors son violon magique, Jean joua, et l'avare, emporté par une force supérieure, se mit à sauter, à bondir dans les ronces qui le déchiraient de toutes parts.

- Arrête! arrête! cria-t-il au jeune homme; je te donnerai cinq cent écus. Mais hâte-toi! Je n'en puis plus.

Jean cessa de jouer et reçut les écus du fermier qui s'en alla grommelant et partit le dénoncer à la justice. Le jeune paysan fut donc arrêté, jugé et condamné à mort. L'exécution fut fixée au lendemain.

Le fermier, les juges, toute la population de la ville était réunie sur la place, où une haute potence avait été dreddée. Jean arriva et demanda aux juges de lui donner son violon pour en jouer encore une fois avant d'être pendu. Le fermier se mit alors à crier :
- Ne lui donnez pas le violon! Liez-moi! Liez-moi!

Mais Jean avait la parole franche : on ne put lui refuser.
Prenant le violon merveilleux, il joua, et chacunse mit à danser sans pouvoir s'en empêcher. Lassés, exténués, mourant de fatique, les juges prièrent Jean d'arrêter, lui promettant de le laisser libre. Le jeune homme cessa de jouer, et il put retourner à son village avec son violon et son fusil.

Voila, je mettrai de temps en temps des legendes ici.